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Époque de l'Al-Andhaluz à Grenade

Au cours de la conquête musulmane en 711, Elvira et Granata, un détachement en provenance de Syrie s'implantait à Grenade. Cette époque médiévale apporta une influence moyen-orientale à Medina Granata. La région a encore connu la paix jusqu'en 1010, l’année durant laquelle avait eu lieu la guerre civile provoquant la mort d'Almanzor et le ravage d'Elvira. Les habitants se cachaient à Granata (le quartier actuel de l'Albaicin).

Zawi ibn Ziri profitait de la situation pour construire une dynastie et pour transformer Grenade en un royaume indépendant ou taïfa en 1013. Ses successeurs, Badis ben Habus et Samuel ibn Nagrel, agrandirent le royaume vers Malaga et Algésiras. En 1090, les Almoravides y installèrent l'empire almoravide, puis almohade.

La chute de l'empire almohade permit à la Castille d'obtenir la vallée du Guadalquivir. Grenade pour sa part, a retrouvé son indépendance. Mohammed ben Nazar créa à Grenade la dynastie des émirs nasrides en 1238. La ville devint la capitale du dernier royaume musulman du pays.

Le succès du royaume brille par les nombreux bâtiments de renom laissés par les souverains nasrides. Notons que la coexistence des juifs et des musulmans marque beaucoup cette époque d'Al-Andhaluz.

Par peur du pouvoir grandissant des Ottomans Ferdinand II d'Aragon et Isabelle Ire de Castille, des Rois Catholiques prenaient la décision de s'attaquer au royaume de Grenade. À la suite de plusieurs années de conflits, l'émir Boabdil s’avoua vaincu le 2 janvier 1492.

Les vestiges musulmans à Grenade

À Grenade, plusieurs empreintes retracent l'histoire de la civilisation Al-Andhaluz. Les rues tortueuses du quartier typique arabe d'Albaicin sont bordées de maisons blanches faisant penser à une médina marocaine. La ville conserve des Bañuelo ou bains arabes datant du XIe siècle, dont le financement de la construction a été assuré par un vizir juif.

Signifiant « la rouge » en arabe, l'Alhambra construite en pierre rouge montrait la fierté des sultans nasrides. Ce palais fut construit après l’effondrement du califat de Cordoue sur la colline de la Sabika dominant Grenade. En 1236, il a été repris par les chrétiens castillans. Il est classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO et est considéré comme l'un des plus beaux palais arabes préservés.

L'Alhambra est constituée de quatre parties bien distinctes : l'Alcazaba ou Al Casbash, un édifice typiquement militaire à l'origine du palais, le Generalife et ses jardins, les palais Nasrides bâtis sous la florissante dynastie nasride, et le Palais de Charles Quint.

Alhambra de Grenade

Histoire

L’ensemble palatial de l’Alhambra de Grenade est l’un des plus importants représentants de l’architecture islamique. D’autre part, l’acropole médiévale de ce site figure parmi les plus impressionnantes du monde méditerranéen. Ce monument fait partie des grands témoins de l’occupation musulmane en Espagne, entre le VIIIe et le XVe siècle, avec la Grande Mosquée de Cordoue.

L’Alhambra fut l’un des monuments épargnés par les Rois Catholiques, après la reconquête de l’Espagne par les chrétiens. En effet, après la chute de Grenade vers la dernière décennie du XVe siècle, les chrétiens ont voulu effacer toutes traces de la présence musulmane sur le territoire espagnol. Toutefois, les empereurs ont décidé de la garder en place. Le Décret de l’Alhambra a été proclamé dans l’édifice.

Architecture

Situé sur la colline de Sabika, l’Alhambra de Grenade est un ensemble de bâtiments, faisant face au quartier populaire et pittoresque de l’Albaicin.

L’Alcazaba est l’un des éléments les plus importants de l’ensemble palatial. C’est une citadelle primitive située en hauteur. Le sommet de sa tour offre une vue imprenable sur la plaine de Grenade.

Après l’Alcazaba, les Palais de Nasrides comptent parmi les plus belles œuvres architecturales du site. Constitués de nombreuses salles rectangulaires reliées par des vestibules, les palais ont été bâtis autour de la Cour des Myrtes et de la Cour des Lions, ou Patio de los Leones.

Mis à part les Palais de Nasrides et l’Alcazaba, les Jardins du Partal sont les éléments remarquables de l’Alhambra. Disposés en étages et séparés d’escaliers et de pergolas, ces splendides jardins offrent une magnifique vue sur le quartier de l’Albaicin.

Durant l’occupation de Grenade par les Nasrides, le Généralife était le palais des princes. Cette construction de l’ensemble palatial dispose de bassins d’eau où les princes venaient se rafraîchir. Elle est située en dehors de l’enceinte.

Après la reconquête chrétienne, un autre édifice a été construit à proximité des palais Nasrides, le Palais de Charles Quint.

Il est nécessaire de passer par un pont-levis pour accéder à l’Alhambra. Celui-ci mène à la Médina, la première zone habitée de l’ensemble palatial.

ronda

Pourquoi visiter Ronda ? Pour des raisons historiques et architecturales bien entendu mais aussi à cause de l’emplacement de Ronda, situé en haut d’un ravin. La ville de la province de Malaga (Ronda est à un peu plus de 110 kilomètres de Malaga) est en effet séparée par le Rio Guadelevin, qui coule à travers une gorge profonde, El Tajo, longue de plus de 500 mètres et profonde de 150 mètres.

Ronda est une ville fortifiée depuis bien longtemps, déjà au IIème siècle avant J-C à l’époque par les romains. La présence musulmane à Ronda commencera en l’an 711 par la victoire de Tariq Ibn Ziyad sur le comte Rodrigue.

Après la chute du Califat de Cordoue, à l’époque qu’on appellera celle des Taïfas viendra alors le règne du chef berbère Abou Nour avec le Taïfa des Banou Ifren à Ronda. C’est Abou Nour  qui fit alors construire de nombreux édifices dont les traces persistent encore à Ronda de nos jours comme les Murailles de la Xijara, composée de 3 arcs, qui avait une vocation protectrice et défensive. La présence architecturale arabe c’est aussi les ponts et les bains arabes. Le Puente de San Miguel, par exemple, qui n’a que 12 mètres de haut ou le Pont arabe, à une seule arche, qui trône lui à 36 mètres de haut. Les bains arabes de Ronda construits au 13ème siècle et situés au bord de la rivière sont quant à eux parmi les mieux conservés d’Espagne avec des voutes caractéristiques de l’époque d’Al Andalus.

Une grande mosquée bien entendu était présente à Ronda. Elle fut construite à l’époque sur un ancien temple romain. Appartenant au royaume de Grenade, Ronda fut repris par les Catholiques en 1485 et alors une église, celle de Santa Maria la Mayor (Eglise de Sainte Marie majeure) fut bâtie à l’emplacement de cette ancienne mosquée dont  il ne subsiste plus aujourd’hui que le mirhab, décoré en stuc et le minaret de San Sebastian de style mudéjar transformé (du moins sa partie supérieure) en clocher.

Enfin comment aller à Ronda sans visiter la Casa del Gigante qui est un ancien palais musulman du 15ème siècle de type mudéjar dont l’intérêt principal est le patio où les arabesques ne peuvent laisser insensibles. Un autre palais, celui de Mondragon, abrite aujourd’hui le musée archéologique de la ville. Enfin la Casa del Rey Moro qui n’est pas comme son nom l’indique une maison purement maure puisqu’elle date du 18ème siècle et qu’elle mélange le style mudéjar et gothique.